Matin de roses

Publié le par Lucy

resize-copie-29.jpg  Au confluent de deux quartiers du Caire, à la croisée de deux époques (de la monarchie aux années Sadate), les personnages des trois nouvelles qui composent ce recueil (Oumm Ahmad, Matin de roses, Dieu bénisse ta soirée) sont représentatifs d'une Égypte contemporaine parfois malhabile à concilier tradition et modernisme. De leur passé surgissent "des voix, des couleurs et des battements de cœur" que la conteuse Oumm Ahmad excelle à ressusciter. Ailleurs, c'est au narrateur de tourner les pages du passé lointain et proche ; avec lui, nous découvrons le parcours, parfois douloureux, de quinze familles cairotes, prises entre les compromissions, les engagements politiques, la misère ou l'enrichissement. Puis c'est au tour d'un jeune retraité d'évoquer la souffrance de son existence, ses amours contrariées avec une jeune fille belle et patiente, le poids amer des traditions, les difficultés inattendues de la vie de fonctionnaire.

Ces nouvelles forment une trilogie, un condensé de l'histoire politique et sociale de l'Égypte du XXe siècle. Elles célèbrent la ville du Caire, personnage principal de l'œuvre prolifique de Naguib Mahfouz, auteur d'une cinquantaine de romans et de nouvelles dont Passage des miracles ou Le voleur et les chiens qui lui ont valu le prix Nobel de littérature en 1988. --Nathalie Gouiffès

Quatrième de couverture
" C'est une calamité que d'avoir une mémoire, mais c'est la seule grâce qui demeure." Le narrateur de Matin de roses se souvient du quartier de son enfance, avec ses maisons coquettes et ses jardins en fleurs, mais l'évocation nostalgique n'est qu'un prétexte pour croiser les itinéraires, parfois douloureux, d'une douzaine de familles cairotes, microcosme d'une Egypte qui n'a pas su concilier authenticité et modernité... Dans Oumm Ahmad ce sont des commerçants venus de Palestine ou de la Haute-Egypte qui s'enrichissent pendant la Seconde Guerre mondiale, pâtissent de la révolution ou en profitent au prix des pires compromissions, pour réapparaître sous Sadate au sommet de la hiérarchie sociale. Quant à la longue confession que constitue Dieu bénisse ta soirée, elle est le fait d'un homme à la retraite, solitaire et amer, qui retrace l'histoire de sa famille et celle, tout aussi douloureuse, de la femme qu'il a jadis aimée. Ces trois nouvelles constituent donc, en quelque sorte, une " trilogie ", à l'instar du célèbre cycle romanesque de Mahfouz. Toute l'histoire politique et sociale de l'Egypte au XXe siècle s'y trouve condensée mais, à la différence de la Trilogie, les temps et les espaces se chevauchent ici pour traduire, avec plus d'acuité, la complexité de l'identité égyptienne, enjeu de la lutte des classes et des générations.

omme se souvient du quartier de son enfance et des itinéraires parfois douloureux d'une douzaine de familles cairotes, représentatives d'une Egypte qui n'a pas toujours su concilier authenticité et modernité. Des commerçants s'enrichissent pendant la Seconde Guerre mondiale, pâtissent de la révolution ou en profitent au prix des pires compromissions, pour réapparaître ensuite au sommet de la hiérarchie sociale. Un homme à la retraite, solitaire et amer, retrace l'histoire de sa famille et celle, tout aussi douloureuse, de la femme qu'il a jadis aimée. De la monarchie aux "années Sadate", toute l'histoire politique et sociale de l'Egypte du XXème siècle est condensée dans ces trois nouvelles où les temps et les espaces se chevauchent pour traduire la complexité de l'identité égyptienne, enjeu de la lutte des classes et des générations.

Publié dans Mon livre du moment

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K
Ouh làlàlà, je note de suite ce titre car j'ai découvert avec bonheur l'écriture de Mahfouz l'an dernier!!!
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C
il me semble avoir un de ses livres dans ma pal... mais quant à savoir lequel! :o)
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